La restauration de Fresques

La restauration de fresques

La restauration et la conservation des fresques.

 

La couche de peinture et de plâtre des fresques, se décomposent et s’abîment avec le temps, elles ont donc besoin de restauration. Si les fresques sur enduits à base de chaux éteinte se trouvent sur les murs intérieurs ou extérieurs de structures architecturales, la cause de la destruction est due à la différence de température et d’humidité, ainsi qu’à la pénétration des eaux souterraines. Les eaux souterraines contiennent du dioxyde de carbone, les sulfates, les nitrates, dont l’interaction avec le carbonate de calcium en plâtre conduit à la formation de sels solubles dans l’eau, tout d’abord du bicarbonate de calcium: СаСО32О + СО2> Са(НСО3)2

Sous l’action de dioxyde de carbone de l’air, il se forme hors de lui, de nouveau du carbonate de calcium, qui couvre la surface de la peinture et qui est difficile à enlever  Са(НСО3)2 —> Н2О + СО2+СаСО3

Les effets dévastateurs sont également sur la peinture, les sels solubles qui se trouvent dans les eaux souterraines et qui se déposent sur la surface des fresques en raison de la différence de température et d’humidité. Leur retrait de la surface de la fresque est un processus exigeant beaucoup de main-d’œuvre, mais il n’est pas compliqué.

Les fresques, couvertes de fissures et de sels, se restaurent sur les murs du monument, dans des conditions qui en permanence exercent une influence sur les fresques. Cela complique le choix des matériaux et les techniques de restauration et provoque la nécessité de sa répétition périodique.

Les conditions d’environnement de la terre influent sur les fresques extraites lors de fouilles archéologiques. Ces fresques sont généralement privées de la couche de plâtre et elles tombent dans les mains des restaurateurs sous la forme de morceaux séparés. Après une longue restauration, on expose ces fresques dans des musées, dans des conditions qui favorisent leur longue conservation.

Les fresques anciennes sur du plâtre fragile peuvent être maintenues seulement par le biais de la conservation immédiate après leur découverte.

Pour enlever de la surface des fresques les incrustations de sels calciques on applique d’habitude une méthode laborieuse ce qui n’est pas toujours sûre avec le nettoyage mécanique avec un pinceau et avec un scalpel. L’application d’acides pouvant facilement nettoyer la surface est inacceptable, à cause de leurs réactions avec les pigments ayant pour résultat, la perte de la couche de la peinture.

Les restaurateurs enlèvent les encrassements de fresques avec l’aide du rinçage à l’eau. Si l’encrassement ne cède pas au rinçage de l’eau, on applique les solvants organiques et leurs mélanges, ainsi que les solutions de tensio-actifs.

Les solvants utilisés ne doivent pas avoir une toxicité trop forte. On utilise  généralement de l’alcool éthylique, l’alcool isopropylique, white-spirit, pinène. L’application d’hydrocarbures aromatiques-xylène, le toluène est aussi possible. Sur les espaces contaminés on impose des compresses de gaze imbibé d’un solvant. La majeure partie de résineux substances ramollis et une partie de la suie s’enlèvent aves les compresses. Le reste de l’encrassement s’enlève avec les mêmes solvants à l’aide des tampons de gaze ou des pinceaux.

De nombreux micro-organismes exercent une influence sur les fresques. Pour faire disparaître des micro-organismes et pour empêcher leur croissance, on utilise du biocide qui aide au traitement des peintures murales. En cas d’altération de la surface et d’exfoliation de la couche de la peinture il est nécessaire d’utiliser un antiseptique en combinaison avec le renforcement de la surface.

De tout ce qui précède on peut tirer la conclusion que la restauration des fresques est un processus très laborieux au cours duquel de nombreuses erreurs sont possibles ayant pour résultat, la perte des éléments de la peinture. Donc dans chaque cas, la question se pose de savoir s’il est judicieux de commencer les travaux de restauration ou s’il faut se décider à la conservation de l’oeuvre d’art. Car la restauration peut conduire à la perte de l’authenticité de l’oeuvre, en particulier dans le cas où la perte de la couche de peinture dépasse 40%.

Les fresques du monastère Ferapontov en Russie peuvent servir d’exemple d’une conservation réussite.

Fresques du monastère Ferapontov. Peintre Dionisius et ses fils.
Fresques du monastère Ferapontov. Peintre Dionisius et ses fils.
Fresques du monastère Ferapontov. Peintre Dionisiy
Fresques du monastère Ferapontov.

À la suite des études de la technologie des peintures murales dans la cathédrale du monastère Ferapontov, les restaurateurs ont conclu que l’état de la couche de la peinture initiale est le signe caractéristique de la couche d’auteur, et que l’application de la couche de colle supplémentaire sur la surface pouvait endommager les fresques. Toujours en restant sur la surface des peintures murales, une nouvelle colle conduit à la modification de la coloration et en plus provoque la destruction de l’encrage de la couche. Lors de l’examen des peintures murales de la cathédrale on a constaté que toutes les tentatives précédentes de renforcer la couche superficielle de la peinture par les méthodes et les moyens traditionnels ont mené à de nouvelles destructions. C’est pourquoi les méthodes d’évaluation de l’état de l’ensemble des peintures murales de la cathédrale ont été fondamentalement révisées.

L’état de conservation de chaque morceau et de chaque partie des peintures murales dépendait des matériaux, des caractéristiques technologiques et du positionnement sur les murs de la cathédrale. Par exemple, les fresques du mur ouest de la cathédrale avaient beaucoup souffert. Les peintures murales se trouvaient durant beaucoup d’années donnant sur la rue, par conséquent, de nombreuses couches de peinture étaient complètement perdues. L’installation des fenêtres a provoqué la perte de la couche d’impression de la partie de la composition «le Jugement dernier», des ailes des archanges dans le tambour et en outre de nombreuses fractures de l’enduit et les joints, ce qui conduisit au décollement de l’enduit et des couches de peinture. On peut dire que la méthode inhabituelle de l’évaluation de l’état des couches a incité à renforcer différemment  les petits morceaux de l’encrage de la couche donnant des signes visibles de destruction sur les bords de pertes (décollement de l’encrage de la couche, et du cloquage ). Le principe de l’utilisation d’agents de conservation était de les mettre sous la couche décollée sans toucher la surface. Cette méthode de renforcement a été utilisée  au cours de toutes les années de conservation des fresques.

Dans la cathédrale de la Dormition à Vladimir  l’affaire est tout autre. La perte de la couche de peinture de la composition d’Andreï Roublev  “le Jugement dernier” avait déjà dépassé les 40%.

Le Jugement Dernier d'Andreï Roublev. Fresques de la cathédrale de la Dormition à Vladimir
Le Jugement Dernier d’Andreï Roublev. Fresques de la cathédrale de la Dormition à Vladimir

Malgré la conservation partielle, les fresques continuèrent de se dégrader très rapidement à cause des mauvaises conditions qui se forment pendant les messes. Dans ce cas, la question de la restauration des fresques est très difficile, car il peut devenir la cause de la perte du style de l’artiste.

Archange d'Andreï Roublev

La Trinité d'Andreï Roublev

Les œuvres d’Andreï Roublev

 

D’autre part si la perte de la couche de peinture n’est pas trop grave, la restauration est la méthode préférée de la préservation du patrimoine culturel.

 

A lire encore dans le blog : Les règles de la peinture.

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